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National Report

  published:31 Oct 2018

5 ème RAPPORT NATIONAL SUR LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE

  • Comoros
  • 5th National Report (2009-2014)
RÉSUMÉ EXÉCUTIF Partie I : Actualisation de l’état et des tendances de la diversité biologique, des dangers qui la menacent et des conséquences pour le bien-être humain Importance de la Biodiversité La biodiversité a toujours été et reste encore le fondement essentiel de la vie économique et sociale de la population comorienne. Elle représente entre 40 et 50% des besoins alimentaires et près de 40% des protéines animales du pays. Elle contribue à 41% à la formation du PIB, soit, 209 millions d’USD et environ 90%, aux recettes d’exportation. L’agriculture et la pêche sont les principaux secteurs pourvoyeurs d’emplois. Ils occupent respectivement 65% et 6 % de la population. Les autres biens et services d’importance vitale comprennent les produits naturels, comme les produits forestiers, les arbres fruitiers et les fruits de mer, les médicaments, les matériaux de construction, le bois de chauffe, la fabrication de meubles, la collecte du miel et des tannins ainsi que la chasse au gibier. La beauté exceptionnelle des récifs coralliens fait des Comores, une destination touristique attrayante. La valeur annuelle des services écotouristiques des Comores est évaluée à environ USD 8 millions. La biodiversité possède par ailleurs, une valeur symbolique au travers de la culture, des croyances et des mythes. La Biodiversité des Comores possède, outre une importance économique évidente, des intérêts scientifique, récréatif, esthétique et culturel, à protéger et à valoriser. 1 .1. Etat et tendances de la Diversité Biologique L’analyse de l’état et des tendances de la Diversité Biologique montre que l’Union des Comores fait de nombreux efforts pour assurer la sauvegarde, la conservation et la valorisation de sa diversité biologique. Elle révèle toutefois que des menaces importantes pèsent sur de nombreuses espèces faunistiques et floristiques notamment la menace d’extinction de 102 espèces de faune, parmi lesquelles, les oiseaux (33 soit 36,6%), les mammifères ( 7), les insectes ( 13), les mollusques ( 12), les reptiles ( 17), les échinodermes (15), les crustacés (4) et les poissons ( 1). En ce qui concerne la flore, sur les 2000 espèces recensées en 1982, ce nombre est réduit à environ 1731 entre 1982 et 2006, soit une diminution de 15%. Actuellement, seize espèces végétales environ sont retenues comme menacées d’extinction, tandis que les espèces de flore ont diminué de 15% entre 2000 et 2006. La fragmentation des habitats terrestres et marins, le réchauffement climatique, la hausse du niveau de la mer, l’érosion côtière et les inondations, la dégradation de près de 57% des terres et la progression de la désertification exercent des impacts négatifs considérables sur la Biodiversité, les moyens d’existence de la population et l’infrastructure économique et sociale. La conservation de la Biodiversité ne peut et ne doit être perçue comme une contrainte, mais plutôt, comme une opportunité de développement pour la science et notamment, dans le domaine, en plein essor de la biotechnologie. 1.2. Impacts sur le bien-être humain Les impacts du déclin de la diversité biologique et des écosystèmes les plus ressentis sont : perte de terres agricoles et, baisse de la fertilité, réduction de la pêche côtière et des ressources halieutiques et de revenus, augmentation de l’insécurité alimentaire, chômage et précarité, problèmes d’énergie, inondations de plus en plus fréquentes, fragilisation et menace de l’équilibre biophysique global des îles, diminution du confort dans les habitations, accroissement des risques sanitaires, difficultés d’approvisionnement en eau, altération de la beauté des paysages, menace de la cohésion et de la paix sociales, exode rural et augmentation des mouvements migratoires entre les îles, émigration et désagrégation sociale. Pour mieux orienter l’action en faveur de la biodiversité et obtenir des résultats, les meilleurs possibles, il importe de développer des méthodes de collecte de données cohérentes et fiables et renforcer les capacités dans ce domaine. Partie II : Mise en œuvre de la Stratégie Nationale et du Plan d’Action Le cadre de mise en ouvre de la précédente Stratégie, porte sur la création de la Commission nationale pour le Développement Durable, la mise en place de comités pour la gestion intégrée des zones côtières, l’adoption de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté qui, outre les aspects économiques et sociaux, intègre la durabilité environnementale. Le cadre porte également sur la sur l’adoption d’une Loi et d’un Plan d’action forestiers, de la Loi portant Code des Pêches et de l’aquaculture, d’une Loi foncière, d’une Politique nationale de diversification des sources d’énergies propres et d’un Plan Directeur du Tourisme, etc... Les actions de mise en œuvre ont été développées à travers des programmes et projets spécifiques, et dans le cadre plus large de planification sectorielle avec pour objectif central, de placer le pays sur une trajectoire de viabilité écologique et socioéconomique. La prise de conscience progressive de l’importance de la Biodiversité par les ONGs en particulier, les universitaires et des décideurs politiques, a suscité l’intérêt de nombreux partenaires d’apporter un soutien technique et financier complémentaire aux efforts engagés, afin d’atteindre les objectifs de la stratégie nationale pour la conservation de la Biodiversité. Les résultats obtenus sont certes modestes, mais encourageants. On enregistre en effet une amélioration de l’état de certains écosystèmes tels que les Ilots , les mangroves, les récifs coralliens du Parc Marin de Mohéli, les Herbiers marins, ainsi que l’amélioration de l’état de certaines espèces animales, comme les cétacés, les oiseaux marins, les tortues marines, la chauve souris géante, Pteroptus Livingstonii dont la population est passée de 1200 individus à 1300 entre 2007 et 2012 , le Coelacanthe (Latimeria Chalumnae) avec 400 individus en 2011 contre 200 en 1998. On note aussi le retour des tortues marines de l’îlot aux tortues de Grande Comore et d’une espèce d’oiseau, Otus capnodes qui avait été considérée éteinte, la récupération de 1200 ha de terre défrichés, le reboisement de908 ha, la plantation de 542634 plants, le développement de l’énergie solaire pour 15% de la population de l’île de Mohéli, le renforcement des capacités dans le domaine de la gestion durable des terres, l’amélioration des moyens d’existence dans la plupart des zones rurales et le contrôle de la pêche à la dynamite, etc.... La mise en œuvre de la stratégie nationale a contribué à l’amélioration de la compréhension du concept et des principes de Développement Durable, à travers notamment l’élaboration de nombreux plans de développement durable, en soutien à la conservation de la Diversité Biologique. 2.1. Intégration de la Diversité Biologique L’intégration de la diversité Biologique porte sur les secteurs importants de la vie économique et sociale de la population qui sont : l’agriculture qui intègre la gestion durable des terres et les techniques de défense et de restauration des sols, les forêts et les bassins versants, la pêche, le tourisme, l’énergie, l’eau et l’assainissement, la santé qui dispose d’une stratégie et d’un plan d’action Santé-Environnement et le transport terrestre, , le milieu côtier et marin les et la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté qui constitue le cadre de référence en matière de développement économique. La mise en œuvre de la stratégie a déclenché l’amorce d’une culture d’intégration de la Biodiversité dans les processus décisionnels de planification économique et financière, à travers l’affectation de 50% des investissements nécessaires à la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance et de réduction de la pauvreté qui intègre la durabilité environnementale et de 20% du Programme des Investissements Publics au secteur agricole entre 2001 à 2008. Partie III – Progrès accomplis en vue de parvenir aux objectifs d’Aichi de 2015 et 2020 pour la diversité biologique 3.1. Progrès accomplis en vue de parvenir aux objectifs d’Aichi pour la diversité biologique La mise en œuvre des actions prévues dans la précédente Stratégie et son Plan d’Action a contribué à l’atteinte de certains Objectifs d’Aichi, notamment, (i) la prise de conscience progressive de l’importance de la Biodiversité à travers l’émergence d’une dynamique associative et l’établissement de partenariats entre l’Etat et différents acteurs locaux et régionaux, en faveur de la Biodiversité ,(ii) l’intégration de la Biodiversité dans 12 programmes de développement économique, (iii) sa conservation et sa valorisation dans 30% des projets, (iv) la prise en compte de la gestion durable du capital édaphique dans près de 72 % des projets; (v) l’organisation de la journée nationale de reboisement, sous la haut patronage du Chef de l’Etat, et (vi) la prise de conscience de près de 50% des ONG, 30% des acteurs sociaux y compris le secteur privé et 25% des élèves et étudiants sur l’importance de la Diversité Biologique, (vii) la contribution financière de l’Etat aux différents programmes et projets sur la Biodiversité, l’exonération des taxes sur les équipements photovoltaïques et les équipements motorisés pour la pêche, (viii) la lutte contre les techniques de pêche destructrices et la pêche illicite, etc... La mise en œuvre de la Stratégie précédente et du Plan d’action a permis de couvrir, bien que souvent partiellement, les Objectifs d’Aichi. En ce qui concerne, l’objectif 20, l’Etat envisage d’accroitre à la mesure de ses moyens, sa contribution financière en matière de conservation et de gestion durable de la biodiversité. Les progrès accomplis sont insuffisants, mais ils constituent une source d’inspiration pour réorienter les politiques et actions en faveur de la conservation et la gestion durable de la Biodiversité, dans le contexte du nouveau Plan stratégique, visant à stopper l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2020 3.2. Contributions apportées à la réalisation des cibles 2015 des Objectifs du Millénaire pour le développement Les nombreuses actions mises en œuvre, en faveur du secteur primaire et de la protection des ressources naturelles, l’intégration de la Biodiversité dans de nombreux programmes et projets de développement, conformément aux préoccupations de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SCRP) d’assurer la durabilité environnementale. Ces actions ont permis de : (i) améliorer quantitativement et qualitativement la production alimentaire, (ii) réduire sensiblement la pauvreté monétaire dans le secteur primaire et(iii) diminuer la malnutrition et contribuer à la réduction de la mortalité maternelle dont le ratio est passé de 380 décès pour 100.000 naissances vivantes à 172 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2012 et les taux de mortalité néonatale, infantile et infanto -juvénile qui sont respectivement en 2012, de 24 pour mille naissances vivantes, 35,33 pour mille et 50 pour mille. La mise en œuvre de la Stratégie nationale a contribué seulement aux Objectifs 1, 4, 5 et 7 du Millénaire pour le Développement. La mise en œuvre de politiques et mesures de conservation, mettant l’accent sur les facteurs sous-jacents tels que la législation, les techniques d’exploitation non durables, l’urbanisation et la croissance démographique, serait de nature à accroître l’efficacité de l’action en faveur de la conservation de la Biodiversité et donc à la réalisation de nombreuses cibles des Objectifs du Millénaire pour le développement.
  • National / Federal
Status
  • Officially approved
  • Report mandated by law or national policy
  • Minister (please specify)
Time period
2009-01-01
2014-06-01
Relevant documents and information