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Ecologically or Biologically Significant Areas (EBSAs)

  published: 12 Jun 2015

Zone de production équatoriale de thons

General Information
Les pays côtiers africains du Courant de Guinée disposent dans les eaux marines du large d’une aire marine régionale dénommée « zone de production équatoriale » qui remplisse les critères d’aire marine d’importance écologique ou biologique (AIEB) car c’est le lieu de migration, de reproduction et de développement des larves, des juvéniles et des adultes de thons et des espèces associées; notamment des albacores (Thunnus albacares), des listaos (Katsuwanus pelamis), des patudos (Thunus obesus), des germons (Thunus alalunga), des thonidés mineurs comprenant des thonines (Euthynnus alleterratus) et des auxides (Auxis thazard), des poissons porte-épées voilier (Istiophorus albicans) et espadon (Xiphias gladius), des requins et des raies. Cette aire marine située de part et d’autre de l’équateur, prend son origine dans le bassin marin du Congo et présente des eaux dont la profondeur dépasse 100 m et atteint par endroits plus de 1000 m. Les captures de thons sont estimées à plus de 200 000 tonnes par an. Le fond marin benthique est dominé par les vases, les faciès particuliers et la région est parcourue saisonnièrement par de puissants upwellings matures. Compte tenu de l’importance socio-économique de la région, de nombreux travaux de recherches y ont été menés tant sur la faune que sur l’environnement. De plus, dans presque chaque pays côtier africain, il existe un observatoire thonier et des observateurs sont prévus dans un futur proche pour participer aux campagnes des navires thoniers dans la région.
Les pays africains côtiers de la région du courant de Guinée disposent d’une aire marine régionale dénommée la « zone de production équatoriale ». Cette aire, qui prend son origine en face des pays du Gabon-Congo-Angola, donc dans le bassin marin du Congo, se prolonge dans les eaux marines du large et s’étale de part et d’autre de l’équateur avant de se confondre avec l’aire marine d’importance écologique et biologique identifiée à l’opposée par les experts sud-américains, dans la même région marine au niveau des eaux marines du Brésil. C’est une zone d’importance écologique et biologique selon Amon et al. (1993) car elle regorge de plusieurs espèces de thons; notamment des albacores (Thunnus albacares), des listaos (Katsuwanus pelamis), des patudos (Thunus obesus), des germons (Thunus alalunga), des thonidés mineurs comprenant des thonines (Euthynnus alleterratus) et des auxides (Auxis thazard), des poissons porte-épées voilier (Istiophorus albicans) et espadon (Xiphias gladius), des requins mako, zygaena, lewini, brevipina et renard, des raies manta et rivettus. D’après Caverivière (1982 et 1983) et Le Loeuff et Intes (1968), la région est aussi caractérisée par des crustacés comestibles comme les crabes rouges Geryon maritae. Lemasson et Rebert (1968), Verstraete (1970), Arfi et al. (In Amon-Kothias et al., 1993), font remarquer, que le long des côtes de l’Afrique centrale et occidentale, se distinguent quatre courants qui sont le courant de Benguela, observé dans la zone marine côtière de l’Afrique du centre et du sud ; le courant de Guinée, observé dans la zone marine du Golf de Guinée près de l’équateur ; le courant de l’équateur (le courant de Guinée représente la continuité du contre-courant de l’équateur) ; et enfin, le courant des Canaries, observé plus au sud-ouest le long de la côte dans la partie nord de la région. Ce courant enrichit les courants de Guinée et de l’équateur. Les courants des Canaries et de Benguela apportent à une vitesse d’environ 20 cm/seconde dans la zone équatoriale des eaux fraîches et froides, généralement provenant des couches profondes. Tandis que le courant de Guinée entraîne des eaux chaudes vers les côtes à une vitesse variable, dont la plus élevée se situe durant les saisons chaudes. Ainsi, ces courants océaniques, et particulièrement le courant de Guinée, sont importants dans les échanges de substances, de la température des eaux marines, la météorologie et les conditions biologiques. D’après Verstrate (1970), ces courants créent des upwellings et ceux des eaux marines du large de part et d’autres de l’équateur et dans la région du Congo sont très importants et se poursuivent jusqu’au Brésil. D’après Amon Kothias et al. (1993), ces upwellings puissants et les courants marins de la région, y compris les paramètres environnementaux, sont à la base d’un bloom phytoplanctonique et zooplanctonique qui participent au développement des larves, des juvéniles et des adultes de thons tels que les albacores (Thunnus albacares), les listaos (Katsuwanus pelamis), les patudos (Thunus obesus), les germons (Thunus alalunga), les thonidés mineurs comprenant des thonines (Euthynnus alleterratus) et des auxides (Auxis thazard), les poissons porte-épées voilier (Istiophorus albicans) et espadon (Xiphias gladius).
Description of the location
South-Eastern Atlantic
Cette aire marine située de part et d’autre de l’équateur, prend son origine dans le bassin marin du Congo et présente des eaux dont la profondeur dépasse 100 m et atteint par endroits plus de 1000 m.
DISCLAIMER: The designations employed and the presentation of material in this map do not imply the expression of any opinion whatsoever on the part of the Secretariat concerning the legal status of any country, territory, city or area or of its authorities, or concerning the delimitation of its frontiers or boundaries.
Area Details
D’après Amon-Kothias et al. (1993), la « zone de production équatoriale » assume plusieurs fonctions ; notamment, le rendu de fonctions écologiques et biologiques clefs (frayères, nourriceries, nurseries, productivité, repos, alimentation, migration…), l’exploitation durable des ressources et la valeur ajoutée sociale, économique, scientifique ou éducative. En effet, en plus des captures des thons estimées à plus de 200 000 tonnes par an dans la région par Amon-Kothias et al. (1992), Reyssac (1966) enregistre des productions de phytoplancton qui sont comprises entre 1000 et 5000 cell/l soit 94 à 130 g C/m²/an dans les eaux marines du large et la production de zooplancton d’après Binet (1979), est importante, car elle est de l’ordre de 4 ml/m3 durant les périodes d’upwelling et moins de 3 ml/m3 durant les autres saisons. D’après Baudin et Rebert (1969), Baudin (1967), Baudin et Rebert (1969), Caveriviere (1980 et 1982) ainsi que Bard et Stretta (1981), la zone de production équatoriale est un écosystème qui abrite des communautés animales dominées par les poissons migrateurs ; notamment des albacores (Thunnus albacares), des listaos (Katsuwanus pelamis), des patudos (Thunus obesus), des germons (Thunus alalunga), des thonidés mineurs comprenant des thonines (Euthynnus alleterratus) et des auxides (Auxis Thazard), des poissons porte-épées voilier (Istiophorus albicans) et espadon (Xiphias gladius), des requins mako, zygaena, lewini, brevipina et renard, des raies manta, et rivettus. Selon Caverivière (1982 et 1983) et Le Loeuff et Intes (1968), la région est aussi caractérisée par des crustacés profonds comme les crabes rouges Geryon maritae. Le secteur benthique présente par endroits des sables grossiers à fins, mais dans l’ensemble ce secteur est caractérisé par un fond vaseux et des faciès particuliers riches en pelotes fécales et en rochers. Cette situation, selon Le Loeuff et Intès (1968), explique l’abondance de certaines espèces benthiques et particulièrement des crabes rouges profonds Geryon maritae. D’après Verstrate (1970) et Arfi et al. (In Amon-Kothias et al. 1993), le principal rôle de la zone de production équatoriale se situe au niveau régional et cela s’exprime au niveau du maintien de l’équilibre du fonctionnement du Golfe de Guinée et particulièrement au processus des upwellings. Plusieurs travaux de recherche ont été réalisés dans les eaux marines du large sur les thons et les espèces associées y compris les paramètres environnementaux. Ccompte tenu de l’importance des captures de thons, l’Union Européenne signe des conventions de pêche avec les pays africains côtiers du Golfe de Guinée. Dans ces conventions, un volet du budget est consacré aux travaux de recherche sur les thons et tous les paramètres pouvant expliquer la bioécologie et le comportement des espèces dans la région qui y sont associés.
References
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Tendance de la production halieutique et indicateurs biologiques, écologiques et environnementaux de la pêche marine en République Démocratique du Congo. Par Matthieu Mongolu Bongu, Comité Scientifique pour la Recherche, le Développement et la Conservation de la Biodiversité de l’Université de Kinshasa (C.S.B), Assistant en charge des questions de Biodiversité/ et Chercheur en Biologie des Pêches Marines chargé du Monitoring environnemental et pêcheries à la Commission du Courant de Guinée/R.D.Congo Tél. : +243 815153610 Email : mongolubongu@yahoo.fr). Sankare Y, Joanny T. et Amon Kothias J.B. 2009-2010. Rapport d'exécution de la Convention N° 2009 039 006 Relative à l’évaluation des ressources maritimes halieutiques démersales et thonières de la Côte d’Ivoire conclue entre le CRO et le PAGDRH, 87 p.
Status of submission
Areas described as meeting EBSA criteria that were considered by the Conference of the Parties
  • dec-COP-12-DEC-22
Assessment of the area against CBD EBSA criteria
C1: Uniqueness or rarity High
Plusieurs raisons permettent d’expliquer la présente classification, parmi celles-ci : C’est la principale zone de convergence de trois courants selon Verstrate (1970), Arfi et al. (In Amon Kothias et al. 1993) et Lemasson et Rebert (1968) et Piton (1988). Le principal courant de la région est le courant de l’équateur, toutefois, durant la saison des pluies et particulièrement de juillet à août, la zone est caractérisée par une convergence de plusieurs courants dont les courants de Guinée, du Benguela et de l’équateur. Cette convergence des courants est à la base de la création de puissants upwellings dans la région. Ces upwellings sont aussi favorisés par les apports de nutriments et de sédiments du plus grand et plus puissant fleuve d’Afrique, le fleuve Congo. C’est aussi la zone ou la route de migration de nombreux animaux aquatiques y compris les grands migrateurs comme albacores (Thunnus albacares), des listaos (Katsuwanus pelamis), des patudos (Thunus obesus), des germons (Thunus alalunga), des thonidés mineurs comprenant des thonines (Euthynnus alleterratus) et des auxides (Auxis thazard), des poissons porte-épées voilier (Istiophorus albicans) et espadon (Xiphias gladius) d’après Baudin et Rebert (1969), Baudin (1967), Baudin et Rebert (1969), Caveriviere (1980 et 1982) ainsi que Bard et Stretta (1981).
C2: Special importance for life-history stages of species High
Les résultats des travaux de Anonyme (Benin, 2007), GCLME (2006), Mongolu (2003) et ENPAB (2002), Baudin et Marchal (1968), Baudin (1968), Le Guen (1973), Bard et Stretta (1981) ont montré que le cycle de vie d’espèces comme les albacores (Thunnus albacares), les listaos (Katsuwanus pelamis), les patudos (Thunus obesus), les germons (Thunus alalunga), les thonidés mineurs comprenant les thonines (Euthynnus alleterratus) et les auxides (Auxis thazard), les poissons porte-épées voilier (Istiophorus albicans) et espadon (Xiphias gladius) se déroule en totalité ou en partie dans l’aire marine de production équatoriale. C’est le lieu d’accouplement, de ponte, de développement larvaire, de croissance et de développement des gonades de nombreux thons d’après Amon Kothias et al. (1993). De plus, certains requins et raies au stade juvéniles ont été observés dans la région par Caverivière et ce dernier en déduit que le cycle de vie de ces animaux se déroule aussi en partie dans la région. Enfin, Le Loeuff et Intès (1968) signalent au niveau benthique que de nombreuses espèces de Polychètes ont leur cycle de vie qui s’y déroule en totalité. Les mêmes auteurs soupçonnent aussi que le cycle de vie des crabes rouges profonds se déroule dans la région.
C3: Importance for threatened, endangered or declining species and/or habitats Medium
Le cachalot Physeter catodon et le rorqual commun Balaenoptera physalus sont considérés comme menacés et ces baleines empruntent régulièrement l’aire de production équatoriale durant leur migration du nord au sud ou vice versa. Ces animaux sont l’objet de nombreux accidents dus aux navires qui traversent la région selon Amon Kothias et N’Goran (1991). Selon les mêmes auteurs et Karamoko (2002), les dauphins (Delphinus sp.) ainsi que les tortues marines dominées par la tortue luth (Dermochelys coriacea), la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea), la tortue verte Chelonia mydas et la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) sont souvent l’objet de captures accidentelles dans l’aire marine de production équatoriale par les pêcheurs industriels. Dans l’ensemble, ces animaux empruntent les eaux marines de la région à cause de la richesse en mysidacés (Mysis sp) et euphausiacés qui font partie du méroplancton et sont source de nourriture des baleines filtreuses. Les tortues fréquentent aussi les lieux à cause des algues marines fixées sur les rochers trouvés dans le fond des eaux. Enfin, certains chercheurs comme Amon et al. (1993) pensent que ces animaux migrateurs utilisent les courants, les upwellings et certains rochers comme points de repère ou indicateurs pour leur migration.
C4: Vulnerability, fragility, sensitivity, or slow recovery Medium
Plusieurs paramètres permettent d’expliquer le classement actuel : D’après Amon et al. (1993) puis Sankare et al. (2009-2010) on note une baisse des captures, celles-ci sont passées de plus de 200 000 tonnes par an durant les années passées à environ 150 000 à 170 000 tonnes par an à partir de 2000. Devant cette situation, l’ICCAT a formulé des recommandations fortes sur les quotas de capture par navire battant pavillons étrangers et par pays. Les baleines et les dauphins (Delphinus sp) sont signalés dans les eaux du large de la Côte d’Ivoire. Toutefois, depuis quelques temps on assiste à l’échouage de certaines baleines sur les plages du pays. C’est ainsi que Amon et N’Goran (1991) ont enregistré l’échouage d’un cachalot Physeter catodon dans le canal de Vridi et d’un rorqual Balaenoptera physalus dans la région de Port-Bouet. Cette situation est directement liée à la fragilité de ces animaux et à la sensibilité des habitats du large.
C5: Biological productivity High
D’après Amon Kothias et al. (1993) la région est caractérisée par une forte productivité. En effet, les travaux de Reyssac (1966) et Binet(1979) indiquent une forte productivité phytoplanctonique et zooplanctonique pendant les processus d’upwellings forts et matures. D’après Bard (1992) ceci a pour conséquence une forte productivité des grands migrateurs comme les thons et les espèces associées. Les captures de thon sont estimées par Bard et Stretat (1981), Amon Kothias et al. (1993) à plus de 200 000 tonnes par an dans la région. La productivité de thons et des espèces associées dans la région est telle, que l’Union Européenne signe des conventions de pêche tous les trois ans avec les pays côtiers africains du Golfe de Guinée dans le but de pêcher dans les eaux marines de la zone de production équatoriale car cette zone englobe en partie les eaux de la ZEE des dits pays africains du Golfe de Guinée.
C6: Biological diversity Medium
La diversité biologique de la zone de production équatoriale est très importante selon les travaux de Reyssac (1966) sur le phytoplancton (plus de 100 espèces), Binet (1979) sur le zooplancton et le méroplancton (plus de 100 espèces y compris les larves de poissons), Martin (1974) sur les habitats benthiques (moins d’une dizaine d’habitats y compris les habitats de rocher et les monts sous marins), Le Loeuff et Marchal (1968) et Kouyoumontzakis (1979) sur la faune macrobenthique (plus de 200 espèces de polychètes) et Fontana (1981), Amon Kothias et Bard (1993) et Maloueki (2013) (plus de dix espèces de thons et une vingtaine d’espèces associées). Toutefois, comparativement aux autres aires marines et particulièrement au plateau continental dans son entièreté, les auteurs précités considèrent que ces chiffres sont moyens voire faibles.
C7: Naturalness Medium
La zone de production équatoriale de thons, comme le nom de l’aire marine l’indique, est une zone qui est fortement exploitée par des navires battant pavillons étrangers à la recherche de thons et des espèces associées. Selon Sankare et al. (2009-2010), cette zone a perdu son caractère naturel au point que l’ICCAT recommande fortement des quotas de pêche par pavillons ou par pays pour éviter de détruire les stocks. Outre cela, malgré les différentes conventions signées par les pays à travers le monde pour protéger les eaux marines du large, on enregistre encore des déversements d’eaux usées, des eaux de ballaste et des produits divers dans les eaux marines du large. En effet, depuis quelques temps, les exploitations de pétrole se font au large comme au Gabon et très bientôt au Congo.